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11/06/2012

Et joyeux Noël bien sûr !

La voilà enfin, la fameuse méthode « flocon » !

Elle nous vient de Randy Ingermanson, auteur américain, et elle est intéressante parce qu’elle propose une feuille de route en 10 étapes pour créer un roman.

Pourquoi je la mets ? Parce que déjà, elle attaque directement un gros problème : trouver la fin d’un roman. Oui, on se prend souvent la tête pour la fin, et oui, ça peut bloquer un projet ou le faucher à mi-route. Eh bien là, vous allez devoir la trouver cette fin, et dès la première étape, ha !

Ensuite, la méthode flocon présente beaucoup d’outils : la fiche de personnages, le synopsis, le tableur pour le scénario… Ça part vraiment de la base pour en arriver à quelque chose de plus détaillé (peut-être trop, mais c’est vous qui voyez). Peu importe si vous arrangez cette feuille de route à votre sauce, elle pose des points importants qui ne demandent pas forcément de scénario en 200 pages. C’est du simple bon sens. Même s’il y a un outil largement zappé dans cette feuille de route, je le rajoute, voilà :

 

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Le meilleur ami de l’auteur, et boosteur officiel de neurones. (Le thé, pas le criquet.)


Bref, zappons sur mon humour pourri, et revenons à nos flocons. Ma traduction n’est pas intégrale, parce que l’auteur détaille pas mal de choses pas indispensables, mais si vous êtes curieux, le texte original est là :

-> http://www.advancedfictionwriting.com/art/snowflake.php


Place aux flocons donc !

 


Ecrire un roman, c’est facile. C’est écrire un bon roman qui est difficile. C’est la vie. Si c’était facile, nous serions tous des auteurs best-sellers et on remporterait tous des prix littéraires.

Pour être honnête, il y a des milliers de gens qui vous diront comment écrire un roman. Il y a des milliers de méthodes différentes. La meilleure est celle qui fonctionne avec vous. Je donne souvent des conseils sur la façon d’élaborer un roman et l’un de mes plus connus est celui-ci : comment écrire un roman en utilisant ce que j’appelle « la méthode flocon ». Regardez-la, voyez si ça peut marcher pour vous, et ignorez le reste!

 

Les 10 étapes


Avant de commencer à écrire, vous devez vous organiser. Il faut coucher sur le papier toutes ces merveilleuses idées en une forme que vous pouvez utiliser. Pourquoi ? Parce que votre mémoire est faillible, et que votre créativité a probablement laissé beaucoup de trous dans votre histoire. Voici ma méthode en 10 étapes pour écrire une feuille de route (ou travail préparatoire).


Etape 1 

Prenez une heure et écrivez le résumé de votre roman en une phrase. Exemple : « un physicien voyageant dans le temps revient en arrière pour tuer l’apôtre Paul. » [Base de Transgression, du même auteur] Il vous servira d’outil de promotion pour un argumentaire face à votre éditeur, aux vendeurs, et plus tard pour les lecteurs. Alors faites-le le meilleur possible !

Quelques astuces pour une bonne phrase :

- Plus c’est court, mieux c’est. Essayez en moins de 15 mots.

- Ne donnez pas de noms aux personnages ! Mieux vaut dire « un trapéziste handicapé » que « Jane Doe »

- Mélangez l’intrigue générale et l’arrière-plan. Quel personnage a le plus à perdre dans l’histoire ? Maintenant, dites-moi ce qu’elle/il veut gagner.

- Lisez les rubriques littéraires des grands journaux, qui listent les best-seller et sont passés maîtres dans l’art de les résumer en une phrase.

 

Etape 2 

Prenez une deuxième heure pour développer cette phrase en un paragraphe qui décrit les grandes bases de l’histoire, les principaux points noirs et la fin du roman. J’aime structurer une histoire en « trois drames plus un final ». Chacun des drames prend un quart du livre et la fin, le dernier quart. Je ne sais pas si c’est la stucture idéale, c’est simplement mon goût personnel. (Hollywood l’utilise beaucoup aussi)

Si vous croyez dans la « structure en 3 actes », le premier drame correspond à la fin du premier acte. Le second est à la moitié de l’acte II. Le troisième drame est la fin du deuxième acte, et force l’acte III à englober tout le reste. (pour l’intensité du final : c'est préférable de ramasser un peu la fin). Ça convient si le premier drame est causé par des circonstances extérieures, mais je pense que le 2e et le 3e doivent être causés par les tentatives du protagoniste pour arranger les choses. Les choses vont de pire en pire.

Idéalement, votre paragraphe aura environ 5 phrases. Une phrase pour donner l’arrière-plan et les grandes lignes de l’histoire. Une phrase pour chacun de vos drames. Puis une phrase pour raconter la fin.    

 

Etape 3 

Les étapes ci-dessus vous donnent un meilleur aperçu de votre roman. Vous avez maintenant besoin de la même chose pour l’histoire de vos protagonistes. Les personnages sont la partie la plus importante d’un roman, et le temps que vous mettrez à les créer sera largement dédommagé quand vous commencerez l’écriture. Pour chacun de vos personnages principaux, prenez une heure pour écrire en une page un résumé qui détaille :

- Le nom du personnage

- Un résumé en une phrase de l’histoire du personnage

- Les motivations du personnage (que veut-elle/il de façon abstraite ?)

- Les buts du personnage (que veut-elle/il, concrètement ?)

- Les conflits du personnage (qu’est-ce qui l’empêche d’atteindre son but ?)

- Sa progression (qu’apprend-elle/il, comment évolue-t-elle/il ?)

Attention : ça n’a pas à être parfait. Le but de chaque étape est de vous faire avancer vers l’étape suivante. Vous pouvez toujours revenir en arrière et corriger quand vous comprenez mieux l’histoire. Vous aurez à le faire, sauf si vous êtes plus ordonné que moi !   


Etape 4 

A ce niveau, vous avez normalement une bonne idée de la structure globale de votre roman. Si l’histoire ne fonctionne pas, vous le savez maintenant, plutôt qu’après 500 heures à galérer sur un premier brouillon.

Maintenant, vous allez développer l’histoire. Prenez plusieurs heures et développez chaque phrase de votre résumé en un paragraphe complet. Chacun, sauf le dernier paragraphe, doit finir avec une complication. Le dernier paragraphe doit expliquer la fin du livre. A la fin de l’exercice, vous obtenez un squelette de votre roman en une page. Pas de souci si vous ne pouvez pas avoir tout sur une seule page. Ce qui importe, c’est d’avoir développé les idées qui seront au cœur de l’histoire. Ici vous développez le conflit.


Etape 5  

Prenez un jour ou deux (j’en déduis que pour les pas patients, il faut faire ça pendant les vacances ^^) et écrivez en une page la description de chaque personnage principal, et en une demi-page la description des autres personnages. Ces « synopsis des personnages » doivent raconter l’histoire selon le point de vue de chacun. Comme toujours, vous êtes libre de revenir aux points précédents et de les corriger quand vous apprenez des nouvelles choses sur vos personnages.


Etape 6

Prenez une semaine et développez votre intrigue d’une page en un synopsis de quatre pages. De façon basique, vous allez développer chaque paragraphe de l’étape 4 en une page complète. C’est une étape très plaisante, car vous devez envisager la logique générale de l’histoire et faire des choix stratégiques. Ici, vous allez sûrement vouloir revenir en arrière et revoir des étapes, à mesure que de nouvelles idées vous viennent en tête.


Etape 7

Prenez une autre semaine pour développer la description de votre personnage en une fiche de personnage intégrale, qui détaille tout ce qu’il y a à savoir sur chaque personnage.

Fiche standard : naissance, description, histoire, motivation, but (j’ajouterai : doutes, faiblesses, peurs, qualités) Le plus important, c’est : comment ce personnage aura évolué à la fin. C’est un ajout à votre travail de l’étape 3, qui vous apprendra beaucoup sur vos personnages. Vous reviendrez probablement en arrière pour réviser les étapes 1 à 6 quand votre personnage deviendra « réel » pour vous et commencera à faire des revendications (ça sent le vécu, héhé). C’est très bien – une bonne histoire est conduite par les personnages. Prenez autant de temps qu’il vous faut, ce sera autant de gagné pour après. Quand vous avez fini, vous avez largement ce qu’il vous faut pour écrire un argumentaire pour un éditeur.


Etape 8

Vous êtes libre de sauter cette étape-là. Avant d’écrire le roman, il y a 2-3 choses que vous pouvez faire pour rendre le premier jet moins traumatisant. La première, c’est de prendre votre synopsis de 4 pages et de faire une liste de toutes les scènes dont vous aurez besoin pour changer l’histoire en roman. Et la meilleure façon de faire cette liste, c’est… un tableur.

Pour un tas de raisons, le tableur terrifie beaucoup d’auteurs. Pourtant, le tableur est d’utilisation plus facile qu’un logiciel de traitement de texte. Vous devez faire une liste de scènes, or, les tableurs ont été inventés pour faire des listes.

Prenez une ligne pour chaque scène. Dans une colonne, mettez le point de vue du personnage. Dans une autre colonne (vide), dites ce qui se passe dans la scène. Si ça vous amuse, ajoutez d’autres colonnes pour le nombre de pages que vous prévoyez d’écrire pour telle ou telle scène. Un tableur est idéal, parce que vous pouvez voir l’ensemble du scénario en un coup d’œil, et c’est facile de bouger les scènes quand vous réorganisez le scénario.


Etape 9 (pas obligatoire, je ne la fais plus)

Revenez sur word (ou autre logiciel de traitement de texte) et commencez à écrire une description (narrative) de votre histoire. Prenez chaque ligne de votre tableur et développez-le en une description de plusieurs paragraphes pour une scène. Mettez les extraits de dialogues que vous avez en tête, et esquissez le conflit principal de la scène. S’il  n’y a pas de conflit, vous le saurez ici, et vous devrez soit ajouter un conflit, soit effacer la scène. (conflit est à prendre au sens large : pour moi, c’est plutôt « enjeu », il faut qu’il se passe quelque chose, et pas forcément d’un point de vue actif, ça peut être aussi psychologique)


Etape 10

Arrivé là, asseyez-vous et commencez le vrai premier jet de votre histoire. Vous serez surpris de voir à quel point l’histoire coule vite de vos doigts. On peut penser que toute créativité est bannie de l’histoire. En réalité, pas du tout, à moins que vous ayez trop développé votre analyse en écrivant votre flocon. Ceci est censé être la partie amusante, parce qu’il y a beaucoup de petits problèmes de logique qui surgissent. Comment le héros sort-il de cet arbre encerclé par des alligatoirs, et comment sauve-t-il l’héroïne restée dans la barque en feu ? C’est le moment d’expliquer ! Mais c’est amusant, parce que vous connaissez déjà la structure globale du roman. Vous n’avez donc qu’à résoudre un nombre limité de problèmes, et vous pouvez écrire relativement vite.

Cette étape est incroyablement drôle et excitante. J’ai entendu beaucoup d’auteurs de fiction se plaindre de la difficulté d’écrire un premier jet. Invariablement, c’est parce qu’ils n’ont pas d’indices sur ce qui arrive ensuite. Réel problème ! La vie est trop courte pour écrire comme ça ! Il n’y a pas de raison de gâcher 500 heures à écrire un premier jet bancal quand vous pouvez écrire un roman solide en 150 heures. Même en comptant les 100 heures pour le travail préparatoire, vous gagnez du temps.

A la moitié du premier jet, j’ai l’habitude de faire une pause et de corriger toutes les parties problématiques de mon travail préparatoire. Oui, le travail préparatoire n’est pas parfait. Ce n’est pas grave. Le travail préparatoire n’est pas ancré dans le concret, c’est un ensemble vivant de documents qui grandissent en même temps que votre roman. Si vous faites bien votre boulot, à la fin du premier jet, vous rirez du bric-à-brac d’amateur qu’était votre travail préparatoire. Et vous serez abasourdi de voir à quel point votre histoire s’est approfondie.

 

Que pensez-vous de cette méthode ? Elle vous inspire beaucoup, un peu, pas du tout ? Dites-moi tout ! :)

04/06/2012

Suite et fin

Déjà la fin des Imaginales !

Je reviens avec beaucoup plus de livres, beaucoup moins de papillons, et une foule de beaux souvenirs en tête :) Ces quatre jours sont passés très vite. J’ai rencontré moult blogueurs, des lecteurs d’ici et d’ailleurs, et des auteurs que j’ai découverts, ou retrouvés avec plaisir. Dédicace spéciale à mes deux voisins, Carina Rozenfeld et Jean-Luc Marcastel, pour ces quatre jours passés dans la bonne humeur ;) Voici les photos !

 

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La bulle du livre


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La fresque des Imaginales, créée pendant le festival

 

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Remise du prix Imaginales des Collégiens 2012 (Charlotte Bousquet)


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Remise du prix Imaginales 2012 (Kai Meyer)


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Conférence "Ecrire de l'imaginaire pour les jeunes : raconter ou faire la morale ?"
Avec Emmanuelle Nuncq, Magali Segura, Kai Meyer

(J'crois qu'on est tous tombés d'accord pour dire : raconter :p)


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Cette tête m'est familière...


 

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C'est bien ça !

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Papotage avec l'équipe d'Elbakin.net


 

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Artbyantera.com


Et pour finir, la pile à lire annuelle :

 

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Concernant les conférences, je vous conseille d'aller sur Actusf qui a enregistré la plupart d'entre elles : http://actusfauximaginales2012.wordpress.com/

Voici déjà "Ecrire de l'imaginaire pour les jeunes" => http://actusfauximaginales2012.wordpress.com/2012/06/03/c...

 
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